Cultiver le cacaoyer

Il est cultivé de préférence entre 0 et 700 mètres d’altitude dans des zones à pluviosité régulièrement répartie tout au long de l’année et avec un sol profond et fertile.

Le cacaoyer (Théobroma Cacao) fait parti de la famille des butneriacées.

Il existe plusieurs façons de propager les cacaoyers. On peut planter une graine, faire une bouture, ou une greffe. La graine est prête à germer, avant même la maturité du fruit. Mais, comme elle perd vite son pouvoir germinatif, il faut la semer rapidement après l’avoir sortie de la cabosse.

La germination se produit en 4 à 5 jours et les premières feuilles apparaissent une quinzaine de jours après. Les jeunes plantules issues de semis sont d’abord cultivées pendant 8 mois en pépinière avant d’être replantées, au début de la saison des pluies, soit sous couvert forestier aménagé, soit sous des ombrages artificiels, soit encore sous des végétaux plus grands (bananiers, cocotiers…).

La culture, généralement de type extensif, est intégrée dans des systèmes de production complexes.

La fleur du cacaoyer

Sur les branches vont se former des petites bosses que l’on appelle des coussinets floraux, où vont apparaître des boutons floraux, puis les fleurs, puis les fruits. Sur un même coussinet floral, on peut trouver, en même temps, des boutons, des fleurs, des petits fruits encore verts et des fruits parfaitement mûrs!

Les fleurs blanches apparaissent sur les arbres âgés d’au moins trois ans. Elles poussent en bouquets sur le tronc et sur les branches principales. Jamais sur les jeunes rameaux. Le cacaoyer produit plusieurs milliers de fleurs par an!

La fleur de cacaoyer est inodore, blanche ou jaune rosé. Elle est très jolie, mais toute petite. Elle mesure à peine un centimètre. Elle est pollinisée par des insectes qui sont, eux aussi, très petits.

Si on faisait une coupe d’une fleur, on s’apercevrait qu’elle ne va pas générer une seule graine, mais une quarantaine qui seront contenues dans un fruit : la cabosse!

Cependant, toutes les fleurs ne donnent pas de cabosses. La plupart sèchent et meurent. En fait, le cacaoyer régule naturellement sa production. Sur les milliers de fleurs, environ 1 % deviendront des cabosses.

Le fruit du cacaoyer : la cabosse

Un festival de couleurs : les cabosses Les cacaoyers cultivés produisent en moyenne quatre-vingts cabosses par an.

Il faut de 4 à 6 mois pour qu’elles soient mûres. Leur couleur varie en fonction des variétés et du degré de maturité. Il existe trois groupes principaux de cacao.
- Le Criollo qui donne des cacaos fins est originaire d’Amérique centrale et du Mexique. Ses fèves sont grosses, claires, ses cabosses vertes, orangées à maturité. Il ne correspond cependant qu’à 1 % de la production mondiale car il est fragile et sensible aux maladies.
- Le Forastero a des fèves violettes et des cabosses le plus souvent vertes et jaunes à maturité. Il provient de l’Amazonie. C’est le cacao le plus produit dans le monde (près de 80 %).
- Le Trinitario est un hybride entre les deux groupes précédents. Il a été identifié à Trinidad. Ce cacao représente 20 % de la production mondiale.

Contrairement à la plupart des fruits, les cabosses ne peuvent pas répandre leurs graines sur le sol pour se reproduire : elles ne tombent jamais. Quant à leurs fèves, elles se dessèchent sur place et disparaissent. La propagation du cacaoyer par graine n’est donc possible que lorsque le fruit, cassé par accident (par un animal qui cherche à le manger), laisse tomber quelques fèves ou lorsque l’homme entreprend de le cultiver

Les cabosses poussent sur le tronc et les grosses branches de l’arbre. Elles mesurent de 15 à 20 cm de long et 10 à 15 cm de large. Elles contiennent entre 30 et 40 graines chacune.

Les graines sont entourées d’une pulpe abondante et sucrée : le mucilage.

Presque tout le volume de la graine est occupé par deux cotylédons (comme dans la graine de haricot) réunis à leur base au germe (radicelle et gemmule : embryon de la plante). Les cotylédons sont très riches en matières grasses qui représentent 50 à 55 % de la masse des fèves séchées. Ils contiennent aussi des polyphénols et des tannins (7 %), de la caféine, de la théobromine (2 %), des glucides (12 %), des protéines (10 %), des fibres (17 %), des sels minéraux et des oligoéléments (2 %).

La récolte

Le cacaoyer commence à produire à partir de 3-4 ans.
Adulte à 6 ans, il produira pendant une quarantaine d’années entre 20 et 80 cabosses par an.
Le rendement peut être supérieur à 1 000 kg de cacao sec à l’hectare. Mais ils sont souvent peu élevés (300 à 400 kg à l’hectare), car beaucoup de plantations sont déjà âgées et subissent les attaques de nombreux parasites.

La récolte nécessite des précautions pour éviter d’abîmer les coussinets floraux. Quand les cabosses sont basses, on coupe le pédoncule du fruit avec un sécateur. Quand elles sont plus hautes, on utilise un émondoir (une petite faucille au bout d’une perche).

On reconnaît une cabosse mûre à sa couleur et au son qu’elle rend lorsqu’on la tapote.

De nombreux insectes et champignons se nourrissent du cacaoyer

Certains animaux sont très friands de la pulpe des cabosses : les rats, les écureuils, les singes, les oiseaux, notamment les perroquets.

Mais ceux qui provoquent les dégâts les plus importants sont les insectes : mirides, punaises, chenilles.

L’ennemi numéro un de la cabosse, à l’échelle mondiale, est la pourriture brune: une maladie causée par un champignon, le Phytophthora. Une tâche brune se développe d’abord en surface, puis évolue à l’intérieur des fruits. La totalité d’une récolte peut être ainsi anéantie. Les méthodes actuelles de lutte sont principalement d’ordre chimique et de grands espoirs sont placés dans la découverte de variétés de cacaoyer plus résistantes. Il faut toutefois savoir que beaucoup de cultivateurs n'ont pas les moyens financiers d'entamer une lutte chimique.

En Amérique du Sud, le cacaoyer peut également être victime de la maladie du balai de sorcière, provoquée aussi par un champignon. Elle occasionne des dégâts sur les cabosses, les coussinets floraux et les bourgeons végétatifs. L’arbre ne donne plus de fruits, ses branches se multiplient au point que ses rameaux finissent par ressembler à des balais de sorcière. Les méthodes de lutte consistent à éliminer, deux fois par an, les tissus affectés par le champignon.

D’autres maladies existent, comme la moniliose qui sévit en Amérique latine et le Swollen Shoot qui provoque d’importants dégâts au Ghana notamment. Les plantations subissent les attaques de nombreux parasites qui peuvent détruire une grande partie de la récolte. De nombreux insectes et champignons se nourrissent du cacaoyer!

(source : CIRAD, www.cirad.fr)



Créé par John Lehmann, Copyright ©  2002, en faveur de la promotion du cacao et du chocolat.
Les produits ou sociétés qui sont mentionnés dans ce site ont des marques déposées par leurs propriétaires respectifs.