Le chocolat réservé à la noblesse (16e au 18e siècle)

Ils ont follement aimé le chocolat: Louis XIV, Marie-Thérèse d’Autriche, Madame de Maintenon, Madame de Sévigné, Ninon de Lenclos, Philippe d’Orléans, Louis XV, Marie-Antoinette et Voltaire.

Le XVIe siècle (1501-1600)

En 1569, Le Pape Pie V trouve le cacao si peu à son goût qu’il déclare que cette boisson ne rompt pas le jeûne… la boisson uniquement et non le chocolat solide !!!
Dans le milieu ecclésiastique, où on le consomme pendant le jeûne, il convient de définir sa nature exacte : s'il est nourriture, il est à bannir ; s'il est boisson, alors le jeûne n'est pas rompu.

Le XVIIe siècle (1601-1700)

1615 : Anne d'Autriche introduit le chocolat en France

Il faut pourtant attendre 1615 pour que le chocolat fasse une entrée remarquée en France avec l'arrivée d'Anne d'Autriche, fille du roi d'Espagne, qui se marie avec Louis XIII. Anne d'Autriche arrive à la cour avec une cohorte de servantes qui savent parfaitement préparer le chocolat, de quoi séduire de nombreux adeptes, d'autant qu'ils voient en lui une excentricité rare, réservée à quelques uns.

Ce n'est cependant qu'après la mort de Louis XIII en 1643, que la reine devenue régente impose son goût pour le chocolat. Son amant, le Cardinal de Mazarin emploie lui même un chocolatier personnel recruté en Italie.

Le chocolat fait son entrée en Angleterre

En 1655, les Anglais prennent la Jamaïque, ce qui leur laisse de grandes plantations de cacao.

C'est en 1657 qu'ouvre à Londres la première chocolaterie. Son propriétaire, un pionnier français anonyme lance la mode, non pas comme en France, depuis les salons aristocratiques mais de façon démocratique, à l'homme de la rue. Les chocolate houses rivalisent désormais avec les cofee houses. Les hommes politiques vont au Cocoa Tree, on va au White's siroter un chocolat et acheter ses billets de théâtre.

En 1660, est l'année où le cacao est introduit en Martinique, par une autre princesse espagnole, Marie-Thérèse d'Autriche épouse Louis XIV. On murmure qu'elle a 2 passions : le roi et... le chocolat.
Le roi pour sa part, le considère comme " un aliment qui trompe la faim mais ne remplit pas l'estomac " et tente de communiquer son aversion à la reine... en vain.

A Versailles, le chocolat devient la grande mode : on en sert tous les lundis, mercredis et jeudis dans les salons de la Cour.

Louis XIV permet au sieur David Chaillou d'ouvrir sa première boutique à Paris, où il pourra vendre une composition nommée "chocolat". Son établissement

En 1662, le Cardinal Bracaccio apporte une réponse : " Qu'il nourrisse on ne peut le nier mais il ne s'en suit pas qu'il soit un aliment ".
Dans le milieu scientifique où la médecine balbutie encore, on se demande s'il est " chaud " ou " froid ". Cependant, un consensus apparaît peu à peu en sa faveur : la plupart des botanistes et médecins reconnaissent au chocolat des vertus digestives et des propriétés dynamisantes.

Madame de Maintenon, nouvelle épouse du roi impose à son mari que le chocolat soit servi aux somptueuses fêtes de Marly et de Versailles. Le roi accepte un temps puis retire le chocolat, pour des raisons d'économie.
Pourtant, cette passion de la reine s'étend de la cour au cercle des salons aristocratiques. Il devient d'usage d'offrir des chocolatières.

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1671 Un cuisinier invente par hasard le pralin (du nom du Duc du Plessis-Praslin)

On prête au chocolat de nombreuses vertus
Le chocolat est il un plaisir ou un reconstituant ? Une gourmandise ou un médicament ? Face à la nature non encore définie de ce nouveau produit qui suscite tant d'enthousiasme et de questionnements, les opinions concernant le chocolat fluctuent grandement aux 17ème et 18ème siècles, parfois même selon la mode.

La cour de France s'éprend à son tour de cette boisson : Il y a les "chocolatphiles" (ceux qui aiment) et les "chocolatphobes" (ceux qui détestent).
Les premiers disent qu'il soigne les maladies, les autres le redoutent.

Madame de Sévigné accuse même un jour le chocolat d'avoir rendu tout noir le nouveau né de l'une de ses amies, qui en avait beaucoup mangé lorsqu'elle était enceinte.

La correspondance fournie entre Madame de Sévigné et sa fille témoigne de l'ignorance et la passion qui l'entourent :
Extrait d'une lettre du 11 février 1671 : " Mais vous ne vous portez point bien, vous n'avez point dormi : le chocolat vous remettra. "
2 mois plus tard, le 15 avril 1671 : " Le chocolat (...) vous flatte pour un temps et puis vous allume tout d'un coup une fièvre continue qui vous conduit à la mort. "

En 1674, les Anglais innovent : ils remplacent l'eau par de d'oeuf, du vin et parfois du lait. Ils y ajoutent parfois de la fécule pour alléger les graisses. Ils inventent l'ancêtre du chocolat à croquer sous forme de "chocolat en boudin à l'espagnole".

En France, ce n'est que lorsque le commerce du chocolat commence à s'intensifier et qu'il se vend à bon prix, à partir de 1681 que le fisc s'adjuge un monopole sur son négoce.

En 1693, Louis XIV crée la corporation des limonadiers. La concurrence entre ceux-ci est telle que le roi vient à en limiter le nombre.

Au cours du 17ème siècle, les hollandais, habiles navigateurs, s'emparent du monopole commercial des espagnols sur le cacao et contrôlent le marché mondial. Rappelons qu'en 1585, au cours de la guerre entre l'Espagne et les Pays-Bas, un navire hollandais ayant pris d'assaut un navire espagnol, jeta sa cargaison de fèves de cacao par dessus bord croyant qu'il s'agissait de " crottes de biques " !

1697 Le bourgmestre zurichois Escher découvre le chocolat à Bruxelles et le fait connaître à Zurich

Le XVIIIe siècle (1701-1800)

1711 L’empereur espagnol Charles VI déplace sa Cour de Madrid à Vienne…

Un certain docteur Bligny en vient même à le prescrire en 1717 pour guérir le rhume, la flexion de poitrine, la diarrhée, la dysenterie et... le choléra.

1720 A Florence et Venise, on sert du chocolat dans des « Cioccolatieri »

En 1735, Linné nomme le cacaoyer " met des dieux ".

1780, la 1ère fabrique, à Barcelone

1792 Deux frères Josty des Grisons (Suisse), font du chocolat à Berlin.

L'Allemagne, ruinée par la guerre de trente ans, reste fermée à la pénétration de produits exotiques dont le chocolat.

(source : CIRAD, www.cirad.fr)



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