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Des
corporations à une véritable association professionnelle
Art,
hymne à la créativité, symbole de la nourriture par
excellence, de la communion aussi, le pain a traversé les âges
sans prendre une ride. Intimement lié au quotidien, il s'est incrusté
dans notre langage, sous la forme de moult expressions. Après les
diverses corporations qui foisonnaient au Moyen-Age, les associations
professionnelles sont apparues à l'aube du 20e siècle. C'est
en 1904 que l'Association romande des Artisans Boulangers-Pâtissiers
(ARABP) fut portée sur les fonts baptismaux. Florilège d'un
long et fructueux voyage à travers plus d'un siècle jalonné
de péripéties et d'anecdotes forcément… croustillantes.
C'est
en 1885, sous l'égide des boulangers bâlois, que fut fondée
la première association professionnelle de la boulangerie suisse.
Elle réunissait 87 boulangers provenant de diverses régions
d'Helvétie, dont Genève, Lausanne, La Chaux-de-Fonds et
St-Imier s'agissant des Romands. Cette première organisation fut
dénommée: la Fédérale.
En 1889, la Jurassienne vit le jour, à l'invite de membres influents
du syndicat patronal de La Chaux-de-Fonds. L'objectif primordial de cette
fédération consistait à contrer les "gâcheurs
de prix" ainsi que les sociétés de consommation qui
vendaient déjà du pain. Jusqu'en 1889, les boulangers romands
étaient très indépendants. Et les sollicitations
de la Fédérale n'eurent que peu d'emprises sur leurs actions.
De 1889 à 1902, plusieurs sections romandes adhérèrent
pourtant à la Fédérale… démissionnant un an
ou deux plus tard! L'organisation était loin d'être parfaite
à leur goût. Les revendications des patrons manquaient notamment
de structures.
Que
de palabres jusqu'en avril 1904!
En juin
1899, une première tentative d'unir les boulangers de la Suisse
romande, amorcée par la section lausannoise, échoua. Et
il fallut patienter quatre ans, à l'occasion d'un congrès
à Neuchâtel, pour trouver trace des initiateurs et promoteurs
de l'organisation de la Romande actuelle. La rédaction romande
du journal professionnel gagna son indépendance.
Après de multiples palabres et conciliabules, furent jetées
les bases d'une organisation romande de la boulangerie. La fondation officielle
porte le sceau du 24 avril 1904. Cette naissance survint après
un échec initial essuyé deux mois plus tôt lors d'une
séance tenue à Yverdon.
La première
assemblée de la Romande se tint le 27 novembre de cette même
année 1904 à Fribourg. Huitante boulangers confirmèrent
leurs instances dans leurs fonctions dirigeantes. La machine était
en marche, la pâte allait lever.
Anecdotes
- péripéties
Impossible de résister à quelques anecdotes qui ont jalonné
ce siècle boulangerie. Nous vous en livrons un florilège.
Le 25 juillet 1908, le travail du dimanche fut interdit. La convention
ne vécut qu'un an! Après quoi, le travail du dimanche reprit
de plus belle. A cette époque, le salaire mensuel moyen d'un ouvrier
nourri et logé se montait à Fr. 60.--.
Année riche que 1908 avec l'adhésion des boulangers de Genève
et la mise en śuvre du premier règlement d'apprentissage doublé
des conditions-cadre d'engagement des apprentis.
En 1915, fondation,
à Genève, d'une… chorale. Celle-ci chantait et yodlait en…
suisse allemand!
En 1917, le prix des ballons et petits pains doubla. Il passa de 5 à
10 ct dans la plupart des régions romandes.
Vingt ans plus tard, le kilo de pain normal coûtait 35 ct et la
livre 20 ct. Le pain mi-blanc était à 45 ct le kilo et à
25 ct la livre.
On ne saurait oublier ici (sans les détailler toutefois) toutes
les péripéties administratives liées aux démissions,
admissions et réadmissions (!) ni les mesures de rationnement -
et ses douloureuses conséquences - édictées par les
autorités fédérales durant le deuxième conflit
mondial.
En 1950, les statuts de la Romande, intégrée à part
entière désormais à l'Association suisse, furent
adaptés.
C'est en 1959 que l'Ordre des Chevaliers du Bon Pain vit le jour. D'abord
à Genève, puis dans les cantons romands ainsi qu'au Tessin.
Après un an de travaux, le nouveau centre administratif de Pully
fut inauguré en 1977 en grandes pompes. Pour mémoire, cette
réalisation fut entièrement financée par les contributions
prélevées sur les achats de farine.
En 1994, la Suisse romande adapta la formation professionnelle sur le
modèle helvétique. Richemont Romandie, sise à Pully,
devint l'antenne romande pour les questions liées à la formation
des apprentis boulangers ou apprenties vendeuses. Itou pour la formation
continue des patrons.
A partir de l'an 2000, l'ARABP s'investit dans l'organisation d'un concours
européen de la boulangerie. Opération répétée
avec succès en 2002 et 2004 durant le Salon des Goûts &
Terroirs à Bulle.
Pour son centenaire, en 2004, l'ARABP se démarqua en éditant
"La Boulangerie romande… 100 ans de bon Pain", un ouvrage richissime
préfacé par le président de la Confédération
de l'époque, le Fribourgeois Joseph Deiss.
Sources
La Boulangerie romande… 100 ans de bon Pain
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