L’acrylamide,
une substance cancérigène dans les aliments?
de Ecole professionnelle Richemont
La
semaine dernière, une émission de la télévision
suisse alémanique a à nouveau fait planer le
doute au sujet de la sécurité de certains aliments.
Dans son émission de défense des consommateurs
«Kassensturz», l’équivalent de «A
bon entendeur», la télévision alémanique
a annoncé qu’une substance hautement toxique avait
été décelée dans les chips, les
pommes frites – et aussi dans le pain. Cette affirmation doit
être relativisée.
La
tolérance zéro n’existe pas
Malheureusement,
les aliments sans aucun risque pour la santé n’existent
pas. L’apparition de substances indésirables ne peut
pas être entièrement exclue, même si elle
est infinitésimale, lors de l’élaboration de
la nourriture à la maison ou dans les entreprises artisanales
et industrielles.
Des évaluations ultrasensibles, faites par des chercheurs
suédois, ont permis d’identifier de l’acrylamide dans
des denrées alimentaires. Cette substance y figure
probablement depuis des générations, mais les
nouvelles méthodes de détection ont permis cette
découverte.
Elle se trouve surtout dans les aliments contenant des féculents
cuits à haute température, tels que des produits
à base de pommes de terre, mais aussi dans le pain.
L’Office fédéral de la santé va prendre
les mesures nécessaires pour déterminer l’ampleur
du risque que pose la présence d’acrylamide dans les
aliments.
Tout
dépend de la quantité quotidienne ingérée
Selon les analyses suédoises, l’homme absorbe chaque
jour 100 microgrammes d’acrylamide. La valeur de tolérance
fixée chez les animaux de laboratoire est de 0.5 mg
à 1.0 mg par kilo de masse corporelle. On est donc
loin de ces chiffres. Si l’on a une alimentation équilibrée
et variée, il n’y a aucune raison de changer ses habitudes
ou d’éviter certains aliments en raison de leur teneur
en acrylamide.
Aucun
risque avec le pain – Ne vous gâcher pas le plaisir!
L’influence de la chaleur sèche sur la formation d’acrylamide
montre par exemple pour un pain confectionné à
partir de froment ordinaire une teneur 10 à 50 fois
inférieure à celle du «Knäckebrot».
L’absorption quotidienne est donc d’environ 5 microgrammes
pour une consommation moyenne de pain de 130 à 140
g. Ces valeurs correspondent ainsi à 5% seulement de
celles indiquées par les chercheurs suédois.
La fabrication artisanale à base de pâtes tendres
a en outre une influence très positive sur les propriétés
organoleptiques et physiologiques. Le pain est et reste ce
qu’il a toujours été: un aliment de base moderne
dont les hydrates de carbone à haute valeur nutritive
ne sont pas liés aux lipides. Continuez donc à
savourer votre pain en toute quiétude!