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L'agriculture

Du paysan au meunier

Les paysans représentent 4 % environ de la population suisse. Entrepreneurs indépendants, ces agriculteurs exploitent et entretiennent environ la moitié de la surface utile du pays avec des machines modernes. Ils apportent ainsi une contribution essentielle, non seulement à notre approvisionnement en denrées alimentaires, mais également à la conservation de notre espace de vie et de loisirs!

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Parmi eux, 30'000 agriculteurs pratiquent la culture des céréales panifiables et ce, sur une surface d'environ 100'000 hectares. De nouvelles sélections et le perfectionnement des méthodes de production ont permis d'améliorer de manière continue la qualité des céréales et d'accroître le rendement des sols. Avec une production de 500'000 à 600'000 tonnes de céréales panifiables par an, les agriculteurs suisses couvrent largement nos besoins. Pour des raisons de politique commerciale, une faible proportion des céréales continue toutefois d'être importée.

Le métier de paysan existe depuis que l'homme est devenu sédentaire et a commencé à travailler systématiquement la terre, à aménager des champs et à cultiver des céréales et d'autres plantes. 

La faucille et le fléau, instruments du passé

Au fil du temps, le paysan a perfectionné les instruments aratoires simples dont il se servait pour les rendre de plus en plus performants.

La charrue, tirée tout d'abord par l'homme, puis par les animaux, permettait d'ameublir la terre avant que le paysan ne sème, à la main, les graines de céréales qu'il laissait ensuite pousser. La faucille, qui permettait de couper le blé mûr à la main, a été inventée il y a 12'000 ans environ au Proche-Orient. Facilitant le travail, la faux est apparue vers la fin du Moyen Âge. Dans le Plateau, les céréales moissonnées étaient fiées en gerbes et dressées en meules dans les champs. Dans les régions alpines, elles étaient suspendues à des chevalets en bois pour être séchées puis transportées à l'aire de battage par des voitures tirées par des bœufs ou des chevaux. Un travail laborieux de battage, effectué tout d'abord au fléau et plus tard au tarare, permettait de séparer le grain de la paille.

Aujourd'hui, faucille et fléau font partie du passé. Au cours des 150 dernières années, l'agriculture s'est mécanisée et rationalisée. Dans la seconde moitié du 19e siècle, les machines agricoles, tirées au départ par des chevaux, puis par des machines à vapeur et enfin par des engins à moteur, se sont multipliées, notamment aux USA. Depuis 1950, les récoltes de blé s'effectuent avec des moissonneuses-batteuses qui coupent et battent les céréales en une seule opération. Les agriculteurs disposent aujourd'hui de machines extrêmement modernes pour la labourage et les récoltes.

Culture des céréales

Des semailles à la récolte, il se passe presque dix mois. Pour croître sainement, les céréales ont besoin d'un milieu naturel aussi exempt que possible de nuisances. Le paysan investit tout son savoir pour préserver la fertilité et le rendement de ses terres. En principe, c'est lui qui définit le mode d'exploitation de ses terres. Cependant, ses décisions sont certainement influencées par les conclusions tirées d'études de l'offre et de la demande.

Les producteurs sont de plus en plus nombreux à cultiver leurs céréales selon les directives de la production intégrée (Pl) ou selon les directives encore plus strictes des cultures biologiques (biocultures).

Depuis 1992, la Confédération utilise un instrument de gestion destiné à promouvoir ces deux formes de culture, respectueuses de l'environnement. les agriculteurs perçoivent ainsi des subventions pour les prestations ne s'inscrivant pas dans une logique de production, par exemple pour l'exploitation extensive de prairies ou de surfaces céréalières (céréales dites extensives), ainsi que pour la mise en jachère de surfaces cultivables. Ces mesures permettent de freiner la production et donc de faire baisser les coûts de valorisation des excédents, tout en préservant en définitive la liberté de production des agriculteurs.

A partir 2001, l'offre et la demande sur le marché international exerce un impact puissant sur le secteur céréalier suisse. 

Trois types de culture

  • Par culture traditionnelle et intensive, on entend le mode de culture qui a été transmis, de génération en génération et qui s'est caractérisée au cours des cinquante dernières années, par, une augmentation significative des rendements. L'exploitation agricole des sols s'est intensifiée du fait de l'utilisation d'espèces améliorées, de l'intensification de l'engraissement des sols, de la mise en oeuvre de produits phytosanitaires, ainsi que, de manière générale, l'amélioration des techniques agraires.

  • La production intégrée (PI) est une forme de gestion dont l'objectif est de promouvoir le respect de la nature et de l'environnement. Les principaux vecteurs en sont la préservation de la diversité des espèces et de la fertilité des sols, un assolement adéquat, une utilisation réduite d'engrais et des produits phytosanitaires, ainsi qu'un élevage conforme aux besoins des différentes espèces animales. La production intégrée respecte les directives d'organisations spécialisées, contrôlées à leur tour par l'Office fédéral de l'agriculture.

  • La culture biologique (BIO) est le type de production le plus conséquent en matière de respect de l'environnement. Contrairement à la production intégrée (PI), elle interdit la mise en oeuvre d'engrais synthétiques, chimiques et de produits phytosanitaires. Les mauvaises herbes sont par exemples éliminées à la main, avec un sarcloir, tout comme par le passé. La culture biologique des céréales accepte donc le principe de l'obtention de rendements plus faibles avec davantage de travail. Elle s'est donné comme objectif d'éviter toute intervention du génie génétique.

Agriculteur - un entrepreneur moderne

Le temps où l'on considérait le métier de paysan comme plutôt conservateur est révolu. l'agriculteur moderne est un entrepreneur de plus en plus engagé sur le plan écologique, ayant une approche holistique de son activité, qui ne s'intéresse pas uniquement aux aspects économiques de sa profession. Les exigences requises à l'égard des spécialistes agricoles sont de plus en plus pointues car ils sont confrontés aux divergences et contradictions existant entre l'économie, l'écologie et le progrès.

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Outre l'amour de la nature, des plantes et des animaux, une bonne constitution physique et de bonnes aptitudes manuelles, les futurs paysans doivent posséder des qualités diverses, capacités techniques, dynamisme, détermination, sens des responsabilités et esprit de synthèse.

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Politique agraire

Au cours des dernières années, le taux d'auto-suffisance de la Suisse en matière de céréales panifiables et de céréales fourragères a augmenté. La Suisse a même produit des excédents dont la valorisation a coûté cher à la Confédération par le passé. Depuis 1995, les producteurs prennent en charge les coûts de gestion des excédents.

  • La culture générale n'est soumise à aucun contingentement (Iimitation des quantités) comme c'est cas pour d'autres produits agricoles (par exemple, le lait, le sucre ou le colza), ni à de grandes fluctuations de prix (comme c'est le cas pour la viande). Cette situation évite une augmentation de la production dans la plupart des secteurs agricoles.

  • Dans le cadre de la production végétale, l'accroissement des rendements enregistré au cours des dernières décennies a libéré des surfaces agricoles, le volume de production restant égal.

  • L'augmentation de la productivité dans le secteur animal a conduit à une surabondance de l'offre sur ce marché et en définitive à une réduction du nombre des têtes de bétail. Les surfaces fourragères nécessaires ont donc diminué, ce qui a à nouveau permis de libérer des terres disponibles pour la culture céréalière.

  • A cela vient s'ajouter l'augmentation des rendements résultant des progrès techniques.

La Confédération s'est donc donné un instrument supplémentaire, non seulement pour promouvoir la culture céréalière mais également, le cas échéant, pour la limiter ou créer des incitations à des formes de production plus écologiques. 

Depuis 1991, des terres sont retirées de la production et servent au rétablissement de l'équilibre écologique ou sont mises en jachère. Des dédommagements adéquats sont versés par la Confédération aux agriculteurs pour compenser les pertes de revenus en résultant. L'introduction de l'article sur le blé par la votation du 29 novembre 1998 supprime le régime du blé mis en place par la Confédération à compter sans doute du 30.6.2001, au plus tard toutefois, en l'an 2003. Au terme de cette période de réglementation transitoire, le secteur céréalier sera confronté au libre marché.

(Source: Information suisse sur le pain (ISP), www.brot.ch)